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Tenue Spidi 4 SEASONS V3 :
1 500 km de road trip

Après presque cinq ans avec mon précédent blouson, je roule depuis deux semaines avec la tenue Spidi 4 saisons version 3 : environ 1 500 km sur des routes très variées, avec de gros écarts de température. Ce que j'en retiens d'abord, c'est la modularité.

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« Quelle est la bonne tenue pour un road trip ? » Ce n'est pas la même question qu'une balade à la journée. Sur une sortie courte, tu gères. Sur un voyage de plusieurs jours, avec des cols à 10 degrés le matin et une vallée à 30 l'après-midi, tu finis par t'habiller et te déshabiller dix fois par jour — et là, ça devient vraiment pénible.

Je roule avec la Spidi 4 SEASONS V3 depuis deux semaines. Voici mon retour terrain honnête : ce qui marche, ce qui me gêne encore, et surtout ce que je ne peux pas encore te dire (l'hiver, la grosse pluie, la durabilité).

Le problème réel du road trip : le yo-yo des températures

La difficulté, en voyage, n'est pas d'avoir chaud ou d'avoir froid : c'est l'alternance. Tu montes en col, tu te retrouves à 5 degrés ; tu redescends en vallée, tu es à 30. Ça recommence plusieurs fois dans la journée.

Alors tu t'arrêtes pour ajouter une couche, puis tu t'arrêtes pour en enlever une. Et au bout d'un moment, tu as la flemme : tu roules, tu transpires, tu es mouillé, tu rouvres la veste en roulant pour sécher l'intérieur. J'ai vécu ça pendant des années, et en road trip, ça m'a réellement usé.

Pourquoi une veste d'hiver ou d'été ne règle pas le problème

La veste d'hiver te garantit d'avoir chaud — tellement chaud qu'au-dessus de 15 degrés ça monte vite en température. Tu peux rouler avec la veste ouverte, mais en cas de chute ou de glissade, ce n'est pas ce qu'on veut.

La veste d'été est parfaite en plaine, mais dès que tu prends de l'altitude, il faut ressortir les couches.

Dans les deux cas, dès qu'il pleut, tu enfiles une veste de pluie par-dessus. Autrement dit : tu fais déjà du multicouche, même avec du monocouche.

Laminé ou multicouche : pour moi, un faux débat

On oppose souvent deux philosophies : l'équipement monocouche textile laminé (la membrane est collée dans le tissu) et la tenue multicouche (blouson + membrane + doudoune séparés).

Mon retour après cinq ans de laminé — un Béring avec son « Dynamique Air System » — est simple : la ventilation annoncée ne suivait pas, largement pas assez ventilé. Dès qu'il faisait chaud, je roulais la veste ouverte. Et pour la pluie, même avec un laminé, tu es obligé de mettre une veste de pluie. Tu n'es pas mieux avancé. Si tu roules deux heures et que tu prends un peu de flotte, ta veste reste étanche. Mais dès que ça devient sérieux, le tissu extérieur se gorge d'eau.

Je l'ai vécu en Espagne, sur une route de montagne : le ciel m'est tombé dessus d'un coup. Une grosse rincée, à ne plus rien voir à travers la visière. Je me suis arrêté à un camping — le gérant m'a loué un bungalow à 25 balles la nuit, j'étais au sec. Le lendemain matin, 4 degrés, aucun chauffage : mes habits n'avaient pas séché, et je suis reparti avec ma veste laminée — et malgré tout très humide, pas agréable à porter. J'ai passé un sale moment.

Les trois vidéos où l'on voit cet orage : EP04 — Traverser la Catalogne à moto (Jour 6), où l'orage me tombe dessus et où je négocie le bungalow ; EP05 — Aventure moto en Catalogne, où je repars le lendemain matin à 4 degrés d'un bungalow sans chauffage ; et le film du road trip Espagne, où je raconte la nuit et le lendemain matin.

Autre souvenir : le retour du Cap Nord — douze heures de route, dont dix sous la flotte, sur l'autoroute et dans un trafic très dense. Au bout d'un moment, ton vêtement ne tient pas — le seul truc qui tient réellement, c'est la veste de pluie. Et au camping, faire sécher un blouson de moto sans chauffage, c'est mission impossible.

Donc la vraie question n'est pas « mono ou multi ». C'est : quelle amplitude de température ta tenue réussit-elle à gérer ? Et là, la Spidi 4 SEASONS V3 a une vraie réponse.

Spidi, une marque italienne depuis 1977

Veste Spidi 4 SEASONS V3 vue de dos

Spidi est une marque italienne née en 1977, qui a commencé par fabriquer des gants. Elle s'est fait connaître avec Kenny Roberts, qui portait ses gants en GP500 à la fin des années 1970. La marque a ensuite développé les équipements et les combinaisons, puis sa propre membrane, la H2Out.

Ce n'est pas un détail marketing : ça fait presque cinquante ans d'histoire dans l'équipement moto. Et cette 4 SEASONS V3 a été développée avec des motards — une centaine de testeurs, sur plusieurs milliers de kilomètres et plusieurs pays — qui ont fait remonter leurs informations.

Prix de la tenue : je n'ai pas de tarif vérifié à te donner ici, donc je ne l'invente pas. La référence exacte est la Spidi 4 SEASONS V3, en blouson et pantalon.

La modularité : ouvrir sa veste en roulant

C'est LE point qui change la donne pour moi. Le blouson est entièrement ventilable, et surtout il se dégraffe très vite : dès que la température monte, tu ouvres les grands panneaux de devant et tu sens tout de suite l'air évacuer. Les fermetures aimantées se manipulent d'une main, tu plies, tu ouvres — assez facile pour le faire même en prenant une courbe.

Un point à connaître

Toutes ces ouvertures, c'est bien — mais si tu as une grande bulle touring, tu réduis forcément le flux d'air qui entre dans la veste. Tu baisses la bulle et tu prends l'air : ça se gère facilement, mais ça se sait.

Trois jours en tee-shirt, de 15 à 30 degrés

C'est le test qui m'a le plus marqué. Dans les Alpes suisses, avec mon ami Yann et son épouse, on a roulé de 15 à 30 degrés — 27 à 30 dans les moments chauds. Et en ouvrant simplement les aérations, je suis resté en confort dans la veste.

Ce qui est nouveau pour moi : j'ai roulé trois jours en tee-shirt sous le blouson. Une première. Le blouson fermé complètement protège bien, et comme je peux ouvrir tout ce qu'il faut, je régule au lieu de monter en température.

Le matin, au départ, il faisait entre 10 et 13 degrés et on allait monter en col : j'ai mis la doudoune dessous. Tu enfiles la doudoune, tu fermes, tu mets la veste par-dessus, ça ne prend rien comme temps — et tu n'es même pas obligé de mettre toutes les attaches. Ensuite, à mesure que ça remontait, j'ouvrais les ventilations devant et je régulais, plutôt que de subir.

Petite nuance honnête : ce jour-là, avec la doudoune entre 10 et 13 degrés, j'étais presque un peu trop au chaud. Un simple sweat aurait peut-être mieux fait l'affaire. Mais comme je pouvais réguler avec les ouvertures, ça ne m'a pas gêné.

Les trois éléments : veste, membrane H2Out, doudoune

Le blouson est composé de trois éléments qui se fixent à l'intérieur par un système de passants, de clips et de scratch :

En pratique, tu mets rarement les deux couches intérieures ensemble. Trois cas de figure, trois usages :

Un avantage que je n'avais pas anticipé : la doudoune et la membrane servent aussi de veste pour sortir le soir ou traîner au camping. Pas besoin de remettre la veste de moto. S'il flotte ou qu'il y a du vent, tu mets la membrane par-dessus la doudoune et tu es relativement bien protégé. Ça limite l'équipement à emporter — et en voyage, chaque litre compte.

Qualité de fabrication, coutures et protections

Visuellement, ça a de la gueule — et surtout ça a l'air solide et bien cousu. Spidi utilise un tissu Tenax : une version rigide sur les zones exposées (coudes, genoux) et une version plus souple là où le corps a besoin d'aisance.

Sur les protections, il y a une vraie progression : l'ensemble est passé de la catégorie d'abrasion A à AA selon la norme EN 17092. Concrètement, la norme AA résiste à une abrasion comme si tu glissais à 70 km/h sur la route, contre 45 km/h pour la catégorie A. C'est une belle augmentation.

Tu retrouves les protections aux coudes, aux épaules et aux hanches. L'emplacement pour la dorsale est prévu, mais elle n'est pas fournie — moi j'avais la mienne, mais il faut le savoir. Apparemment, on peut aussi ajouter des protections pectorales, pour qui cherche un peu plus de protection.

Ce que je ne peux pas encore juger

La durabilité. Ça a l'air fait pour durer, mais je ne le certifie pas. Il faudra attendre au moins l'année prochaine pour un vrai retour sur ce point.

Le pantalon 4 saisons et ses ouvertures

Le pantalon est dans la même qualité que la veste, avec la doublure H2Out (pluie et vent). Il est très renforcé au genou, avec un tissu beaucoup plus raide sur cette zone — c'est rassurant. Et il dispose d'ouvertures sur les cuisses pour ramener un peu d'air. Détail que j'aime : sa membrane H2Out® est réversible — Spidi a prévu l'InsideOut, c'est-à-dire qu'on peut la porter à l'intérieur du pantalon ou par-dessus. C'est exactement la logique que je décrivais plus haut : une couche imperméable par-dessus, ça protège beaucoup mieux le textile.

En ce qui me concerne, il va très bien à la taille. Deux réserves :

Sur les ouvertures de cuisses, il y a un point à creuser selon la moto : sur la NT1100, le carénage protège très bien les cuisses, donc tu récupères finalement peu de flux d'air. À mon sens, il vaudrait mieux les placer sur le côté, avec la poche au-dessus. C'est un vrai axe de développement : un soufflet sur les cuisses qui se referme avec une fermeture éclair étanche à l'air.

Et une idée que je lance — si Spidi m'entend : sur beaucoup de motos, le moteur chauffe très fort les tibias. Une couche thermique à ce niveau, qui protégerait de la chaleur du moteur, ça serait vraiment intelligent.

Ce que j'améliore / ce qui me gêne

Mon bilan franchement, après deux semaines et 1 500 km.

Ce qui me gêne

  • Certaines attaches de la sous-couche auraient gagné à être tournées dans l'autre sens, pour que la pression soit plus simple à mettre.
  • Les petites lanières en nylon qui retiennent les membranes me paraissent un peu fragiles.
  • Les ouvertures de ventilation du pantalon : plus d'air à gagner en les plaçant sur le côté, avec la poche au-dessus. Un soufflet sur les cuisses serait un bon développement.
  • Le pantalon n'est pas vendu avec sa doublure thermique : dommage pour un vêtement quatre saisons.
  • La doublure intérieure du blouson : un tissu un peu plus doux serait un vrai plus.
  • L'ajustement du pantalon aux cuisses et aux genoux : un centimètre et demi de plus aurait été plus confortable.

Ce qui me plaît

  • La modularité : ouvrir la veste en roulant et réguler la température sans m'arrêter.
  • Les aérations nombreuses (torse, dos, manches) et le col réglable, avec scratch et deuxième fermeture.
  • La qualité perçue et les coutures : Tenax rigide sur les zones exposées, Tenax souple là où il faut de l'aisance.
  • La doudoune (100 g) et la membrane H2Out, qui servent aussi de veste le soir au camping — moins d'équipement à emporter.
  • Le pantalon renforcé aux genoux, avec ouvertures sur les cuisses.
  • Les protections coudes, épaules et hanches, la place pour une dorsale et des protections pectorales, et le passage en abrasion AA.
  • Trois jours en tee-shirt sous la veste, à l'aise de 15 à 30 degrés.

Verdict : pour qui, et ce que je ne sais pas encore

Est-ce que je suis content ? Oui. C'est mieux adapté, mieux réfléchi — la modularité m'évite de m'habiller et de me déshabiller en permanence, et franchement, ça me bouffe moins la vie en moto.

Pour un road trip itinérant, avec des cols le matin et de la plaine l'après-midi, c'est exactement le genre de tenue que je cherchais : une seule pièce qui suit l'amplitude de la journée.

Ce que ce test ne dit pas encore

Ce retour porte sur trois saisons — printemps, été, automne. Pour l'hiver, il faudra attendre que j'y roule vraiment. Pour un vrai test sous une grosse pluie avec la membrane H2Out, je n'ai pas encore eu l'occasion. Et pour la durabilité, un vrai retour prendra au moins un an. Je te le dirai quand je l'aurai — et la présentation détaillée du blouson aura sa propre vidéo.

Les prix, et où la trouver

Prix public conseillé Spidi et prix pratiqué chez Motoblouz, relevés le 6 octobre 2026 :

L'ensemble revient donc à 859,80 € au prix public conseillé, ou 816,80 € au prix Motoblouz. À garder en tête : le pantalon n'est pas livré avec sa doublure thermique — c'est un achat en plus si tu veux la version hiver complète.

Les deux pièces se trouvent chez Motoblouz — veste Spidi 4 SEASONS V3 et Motoblouz — pantalon Spidi 4 SEASONS V3.

Où l'essayer en France

Le localisateur officiel Spidi ne recense que 7 points de vente en France — relevé du 6 octobre 2026 :

Deux réserves à garder en tête. D'abord, ce localisateur liste les revendeurs de la marque : il ne garantit pas qu'ils aient le 4 SEASONS V3 en rayon, ni en essayage. Un appel avant de te déplacer t'évite le voyage pour rien. Ensuite, l'offre physique est très concentrée : hors Paris et Lyon, il n'y a rien — en Auvergne-Rhône-Alpes ou dans le Sud-Ouest, il faut passer par la commande en ligne. Japauto et Patrick Pons Grande Armée partagent d'ailleurs la même adresse.

Liens donnés pour l'information : aucun n'est affilié. Les prix bougent — vérifie le tarif au moment de commander.

Questions fréquentes

La Spidi 4 SEASONS V3 est-elle vraiment imperméable ?

Le blouson seul n'est pas imperméable. C'est la membrane H2Out® — imperméable, coupe-vent et respirante, développée par Spidi avec le japonais Toray, donc pas du Gore-Tex — qui te protège. Je n'ai pas encore pu faire un vrai test sous une grosse pluie continue avec cette membrane.

Monocouche laminé ou multicouche : quelle différence ?

Pour moi, c'est un faux débat. Même avec un laminé, tu finis par mettre une veste de pluie, ou par ajouter ou retirer une couche. La vraie question, c'est l'amplitude de température que ta tenue arrive à gérer.

Quelle amplitude de température la tenue gère-t-elle ?

Dans mon test : à l'aise de 15 à 30 degrés en tee-shirt, aérations ouvertes ; doudoune le matin autour de 10 à 13 degrés. Je n'ai pas encore testé l'hiver.

Le pantalon 4 saisons est-il vendu avec sa doublure thermique ?

Non. Contrairement au blouson, le pantalon n'est pas vendu avec sa doublure thermique — ce qui est discutable pour un vêtement annoncé quatre saisons.

Peut-on ajouter une dorsale sur le blouson ?

Oui, l'emplacement est prévu, mais la dorsale n'est pas fournie. Le blouson est livré avec les protections coudes, épaules et hanches ; des protections pectorales peuvent aussi être ajoutées.

Combien coûte la tenue Spidi 4 SEASONS V3 ?

Au prix public conseillé : 499,90 € la veste et 359,90 € le pantalon, soit 859,80 € l'ensemble. Chez Motoblouz, on les trouve à 474,90 € et 341,90 € (relevé du 6 octobre 2026). Le pantalon n'est pas livré avec sa doublure thermique.

Mes vidéos sur cette tenue

Le test complet en 25 minutes, et l'extrait en format court si tu veux l'essentiel.

Quelle tenue moto pour le road trip ? (25 min)

Modularité, membrane H2Out, aérations, pantalon, points à améliorer : tout le détail du test après environ 1 500 km. Voir sur YouTube →

L'essentiel en 37 s (Short)

L'extrait rapide pour te faire une première idée. Voir le Short →

🔎 Transparence partenariat

La tenue Spidi m'a été envoyée pour ce test (partenariat, via l'agence AWD) — je le dis clairement, comme toujours. Il n'existe aucun code promo Spidi : je n'en propose donc pas, et cette page ne contient aucun lien affilié Spidi. En revanche, tu trouveras les codes de mes autres partenaires équipement sur mes codes promo.

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