🏍️ Récit de voyage — Semaine 1

Une semaine sur les routes des Alpes

Suisse, Tyrol & Dolomites — le récit de la première semaine du road trip moto 2026, raconté depuis la route.

Voilà maintenant une semaine que je suis parti. Une semaine de moto, de cols, de vallées, de rencontres et de découvertes. Une semaine pendant laquelle les paysages n'ont cessé de changer, avec parfois cette étrange impression que ce que je venais de voir ne pourrait pas être surpassé... avant que la route ne me prouve le contraire quelques kilomètres plus loin.

D'Annecy à la Suisse

Mon voyage commence naturellement en Haute-Savoie. Au départ d'Annecy, plutôt que de chercher la route la plus rapide, j'ai choisi de traverser la vallée du Giffre, puis la vallée d'Abondance, avant de rejoindre la Suisse par l'est du lac Léman. Dès le départ, le ton est donné : ce voyage ne sera pas une course pour rejoindre une destination. Ce qui m'intéresse, c'est justement tout ce qu'il y a entre le départ et l'arrivée. Et très rapidement, la Suisse va m'offrir l'un des premiers grands moments de ce road trip. L'Oberland bernois, c'est probablement l'une des images les plus fortes que je retiens de cette première semaine de road trip en Suisse. Des vallées encaissées, des lacs aux couleurs incroyables, des villages typiquement suisses, des cascades et, partout autour, les grands sommets des Alpes, avec notamment l'Eiger, le Mönch et la Jungfrau. Mais l'Oberland bernois, c'est aussi un formidable terrain de jeu à moto. La région permet de rejoindre quelques-uns des plus beaux cols de Suisse : le Grimselpass (2 164 m), le Furkapass (2 429 m) et le Sustenpass (2 260 m). Des routes qui s'enchaînent au milieu des glaciers, des barrages et de paysages de haute montagne absolument exceptionnels. Et puis il y a les vallées et villages emblématiques : Lauterbrunnen, dominée par ses immenses falaises et ses cascades, Grindelwald, au pied de l'Eiger, mais aussi Wengen et Mürren, accrochés à la montagne. En quelques kilomètres, on passe ainsi des paysages verdoyants de l'Oberland à l'univers minéral des grands cols alpins. Pour commencer un road trip à travers la Suisse, difficile d'imaginer décor plus spectaculaire. Après l'Oberland bernois et ses grands cols, j'ai poursuivi ma route vers les Grisons, en direction de Santa Maria Val Müstair, aux portes du Stelvio. Et là, nouveau décor, nouvelle ambiance. Les Grisons m'ont réellement conquis. Ce qui m'a frappé en premier, c'est cette impression d'espace. D'immenses vallées très ouvertes, entourées de montagnes imposantes, mais sans jamais donner cette sensation d'être enfermé. Tout est incroyablement vert : les prairies, les pâturages, les forêts... et au milieu de ces paysages apparaissent de petits villages qui semblent presque posés là depuis toujours. J'ai particulièrement aimé ces maisons engadinoises, massives et colorées, avec leurs façades décorées et leurs petites fenêtres. Mais au-delà des paysages et de l'architecture, c'est surtout une atmosphère qui m'a marqué : le calme, la quiétude, cette impression que tout ralentit. À moto, on traverse de longues vallées avec les montagnes pour horizon, quelques villages, des troupeaux dans les prairies et cette sensation permanente d'être au cœur des Alpes, mais loin de l'agitation. J'avais déjà été impressionné par l'Oberland bernois, mais les Grisons ont provoqué quelque chose de différent. Je ne m'attendais pas forcément à être autant séduit par cette région. Cette immensité, ces couleurs, ces villages et surtout cette tranquillité m'ont véritablement emporté. Puis la route m'a conduit jusqu'à Santa Maria Val Müstair. Et à partir de là, changement total d'univers : la haute montagne et la montée vers le Stelvio, pour une nouvelle étape de ce voyage.

De Santa Maria au Stelvio : les choses sérieuses commencent

Albula — la route en corniche extraordinaire
🎬 Albula — la route en corniche extraordinaire
Col Flüela — 2 400 m, décor lunaire
🎬 Col Flüela — 2 400 m, décor lunaire
Pass dal Fuorn — 2 200 mètres de bonheur
🎬 Pass dal Fuorn — 2 200 mètres de bonheur

Depuis Santa Maria Val Müstair, je prends la direction du col de l'Umbrail, qui va me permettre de rejoindre quelques kilomètres plus haut la route du mythique col du Stelvio. Et il faut bien l'avouer : dès les premiers kilomètres, la montée devient assez technique. Les épingles sont extrêmement serrées et certaines s'enchaînent avec très peu de distance entre deux virages. À moto, il faut avoir le temps de se recaler correctement sur la chaussée avant d'aborder l'épingle suivante. Il faut également rester très attentif aux autres usagers : une voiture qui ralentit fortement ou s'arrête au mauvais endroit, en plein milieu d'une épingle, peut rapidement vous mettre dans une situation délicate. À très basse vitesse et avec une moto chargée, une mauvaise position peut vite se terminer par une chute. Une fois cette première succession d'épingles passée, le paysage change complètement. La route s'ouvre sur la montagne et l'on retrouve cette sensation d'immensité qui m'avait tellement marqué dans les Grisons. La montée devient plus fluide, au milieu d'un superbe décor de haute montagne, jusqu'à rejoindre la route italienne du Stelvio. À cette intersection, deux possibilités : descendre vers Bormio, en Lombardie, ou prendre la direction opposée et poursuivre l'ascension vers le Passo dello Stelvio. Évidemment, je choisis le Stelvio.

2 757 mètres : me voilà au Stelvio

Le Stelvio — froid mais magnifique, 2 757 m
🎬 Le Stelvio — froid mais magnifique, 2 757 m

Arrivé au sommet, le spectacle est extraordinaire. À 2 757 mètres d'altitude, la vue s'ouvre sur les sommets et les glaciers du massif de l'Ortles-Cevedale. Et le changement de température est saisissant. Alors que la chaleur était presque caniculaire dans la vallée, il ne faisait plus qu'environ 8 °C au sommet, avec une bise particulièrement fraîche. En quelques kilomètres seulement, on peut passer de la chaleur estivale à de véritables conditions de haute montagne. Une tenue moto adaptée et quelques couches supplémentaires ne sont vraiment pas du luxe. Mais pendant que je faisais mes photos et mes vidéos, quelque chose d'autre est venu détourner mon attention... Une odeur de saucisse absolument irrésistible ! Au sommet, un petit kiosque propose différentes saucisses, notamment au porc et au bœuf, ainsi qu'un casse-croûte accompagné de choucroute. Impossible de résister. Je me suis régalé ! Si vous montez un jour au Stelvio et que ce kiosque est toujours là, je vous conseille vraiment d'aller essayer. Après une telle montée, ça fait partie de l'expérience !

Descendre… pour mieux remonter

Mais malgré l'heure qui avançait, l'envie de rouler était encore plus forte. Je suis donc redescendu du Stelvio en direction de Bormio, avant de faire demi-tour et de remonter une nouvelle fois jusqu'au sommet. Et cette fois, je bascule sur l'autre versant. Direction Trafoi, par la fameuse face nord-est du Stelvio et son incroyable succession d'épingles. C'est probablement l'image la plus connue du col : une route accrochée à la montagne qui semble se replier sur elle-même virage après virage. L'arrivée au camping de Trafoi se fera finalement assez tardivement. L'accueil sera, disons... en demi-teinte et pas particulièrement chaleureux. La nuit, elle, sera fraîche et humide.

Au lever du jour, le Stelvio se réveille

À peine l'aube commence-t-elle à pointer que les premiers moteurs résonnent déjà dans la vallée. Les motos commencent leur ascension. Une après l'autre, elles prennent la direction de ce col mythique. Et forcément... Je n'ai pas résisté. Moi aussi, je suis reparti pour un nouvel aller-retour sur le Stelvio !

Une montée à ne pas sous-estimer

Il faut tout de même être conscient d'une chose : le Stelvio peut être technique à moto, particulièrement sur son versant de Trafoi. Les épingles sont nombreuses, extrêmement serrées et certaines présentent des variations de pente importantes. Avec une moto lourde ou chargée, une erreur à très basse vitesse peut rapidement entraîner une perte d'équilibre. Si vous roulez à deux et que vous n'êtes pas encore très à l'aise dans les épingles serrées, mieux vaut ne pas sous-estimer cette route. Personnellement, dans ce genre d'épingle extrêmement fermée, j'aborde le virage à très basse vitesse, généralement en première. Je laisse la moto s'incliner vers l'intérieur du virage tout en déportant légèrement mon corps vers l'extérieur. Cette position me permet de conserver davantage d'équilibre et de contrôle à basse vitesse. Avec une boîte mécanique, la bonne maîtrise de l'embrayage et du point de patinage devient particulièrement importante. Il faut pouvoir conserver une légère motricité tout au long du virage sans brusquer la moto. Ce n'est pas un endroit où chercher la vitesse. Le plaisir vient justement de réussir à enchaîner proprement toutes ces épingles, de trouver son rythme et, surtout, de profiter du décor. Puis vient finalement le moment de quitter le Stelvio. Je redescends une dernière fois vers Trafoi, avant de prendre la direction des Dolomites. Et là encore, dès le matin, un nouveau spectacle commence. Après les grandes vallées verdoyantes des Grisons, le col de l'Umbrail et les lacets vertigineux du Stelvio, les silhouettes si particulières des Dolomites vont progressivement apparaître devant moi. Une nouvelle région, une nouvelle ambiance... et une nouvelle étape de ce road trip.

Direction les Dolomites

Il faut bien l'avouer : après le Stelvio, les kilomètres qui vont suivre paraissent forcément un peu moins spectaculaires. Après un tel monument, difficile de maintenir le même niveau d'émerveillement à chaque virage.

Mais avant de rejoindre les Dolomites, une étape beaucoup plus terre à terre m'attend : Bolzano.

Et cette fois, ce n'est pas pour visiter la ville.

Une petite erreur de motard…

Bolzano — la pause mécanique (plaquettes de frein)
🎬 Bolzano — la pause mécanique (plaquettes de frein)

En plus d'être un motard heureux, il m'arrive aussi d'être un motard un peu tête en l'air !

Au moment du départ de ce road trip, j'avais négligé un contrôle pourtant élémentaire : l'état de mes plaquettes de frein arrière. Et après tous les cols franchis depuis le début du voyage, les descentes et les centaines de virages, elles ont fini par me rappeler à l'ordre.

Il fallait intervenir.

Heureusement, dans mes connaissances, il y a Bruno, un ami motard avec qui j'ai déjà partagé quelques road trips. Bruno habite en Alsace mais, surtout, il maîtrise l'anglais, l'allemand et l'italien.

Je l'appelle donc à la rescousse et lui demande s'il accepterait de contacter un mécanicien à Bolzano pour lui expliquer ma situation.

Il accepte immédiatement.

Rendez-vous est pris et, lorsque j'arrive chez le garagiste, je fais une nouvelle fois appel à Bruno pour faciliter les explications. Cette fois, tout est parfaitement clair pour le mécanicien.

Une heure plus tard, je suis de nouveau sur la moto.

Plaquettes arrière changées, freinage remis en état : me voilà prêt à repartir à l'assaut des cols.

Et soudain… les Dolomites

Les Dolomites — l'arrivée tant attendue
🎬 Les Dolomites — l'arrivée tant attendue

Je reprends la route et, pendant quelques kilomètres, rien ne laisse encore véritablement présager ce qui m'attend.

Puis, sur une voie rapide, quelque chose apparaît furtivement sur ma gauche.

Entre deux montagnes, presque cachée, j'aperçois pour la première fois une de ces immenses parois rocheuses caractéristiques des Dolomites.

Juste quelques secondes.

Mais suffisamment pour comprendre que le décor est en train de changer.

Je décide de m'arrêter un peu plus loin pour une pause casse-croûte et un café. Quelques minutes pour souffler avant de repartir.

Et puis vient enfin la véritable rencontre avec les Dolomites.

Je me retrouve face à un panorama absolument incroyable.

Enfin, j'y suis.

Devant moi se dresse cette gigantesque façade de pierre. Une masse minérale monumentale qui semble surgir directement du paysage.

Je ralentis.

Je regarde.

Tous mes sens sont en éveil.

Je suis littéralement happé par cette montagne, par ses formes, ses couleurs, ses parois presque verticales et cette sensation d'immensité.

Les Dolomites, il faut bien le reconnaître, c'est un choc.

On peut en avoir vu des centaines de photos et de vidéos, connaître leur réputation, savoir à quoi elles ressemblent... rien ne prépare véritablement à la première fois où l'on se retrouve devant elles.

Mais les Dolomites, ce ne sont pas seulement les montagnes

Au fil des kilomètres, je découvre également les villages.

Et eux aussi participent énormément au charme de cette région.

Des chalets dont le bois porte les traces du temps : façades vieillies par le soleil, marquées par les hivers successifs, brunies jusqu'à devenir parfois presque noires.

À côté, d'autres maisons éclatent de couleurs, avec leurs façades soigneusement décorées, leurs balcons et leurs fleurs.

Tout semble participer au décor.

On traverse ces villages lentement, presque avec l'envie de s'arrêter devant chaque maison.

C'est aussi cela que je suis venu chercher pendant ce voyage : pas uniquement enchaîner les cols, mais découvrir l'identité des régions que je traverse, leurs villages, leur architecture et leur atmosphère.

Une journée magnifique… une nuit beaucoup moins !

Je terminerai finalement cette longue journée dans un camping des Dolomites.

L'accueil, lui, sera particulièrement chaleureux.

Malheureusement, je ne pourrai pas en dire autant de la nuit !

Entre des campeurs allemands particulièrement bruyants, la route toute proche et un parking voisin où se trouvaient camions et engins de chantier, le contraste avec le calme des montagnes était assez saisissant.

Bref...

Une nuit exécrable.

Mais peu importe.

Le lendemain matin, il suffira de reprendre la moto, de parcourir quelques kilomètres et de lever les yeux vers ces immenses murailles de pierre pour oublier rapidement cette mauvaise nuit.

J'étais désormais véritablement au cœur des Dolomites.

Les Dolomites : une journée à rouler jusqu'à ne plus vouloir s'arrêter

La nuit au Camping Marmolada, à Canazei, n'aura pas été la meilleure de ce road trip.

49 € pour une nuit sous la tente, cela commence déjà à faire cher. Mais surtout, entre la route toute proche, le parking, les camions, les engins et des voisins particulièrement bruyants, la nuit aura été courte et franchement mauvaise.

Finalement, ce mauvais sommeil aura au moins eu un avantage : me faire lever de très bonne heure.

À peine les premiers rayons du soleil apparaissent-ils derrière les montagnes que je suis déjà debout. La tente est pliée, la moto chargée et, quelques instants plus tard, le moteur tourne.

Il est tôt.

Les routes sont encore calmes.

Et devant moi m'attend une journée entière à découvrir les Dolomites.

Aux premiers rayons du soleil

Les Dolomites — grand spectacle au réveil
🎬 Les Dolomites — grand spectacle au réveil

Dès les premiers kilomètres, je comprends que cette journée va être particulière.

La lumière du matin commence à frapper les sommets et fait progressivement apparaître ces gigantesques murailles de pierre qui caractérisent les Dolomites.

Et il est difficile de trouver les mots.

Les montagnes sont abruptes, déchirées, écorchées par le temps. Leurs sommets ressemblent parfois à d'immenses lames en dents de scie plantées dans le ciel.

C'est grand.

C'est beau.

C'est puissant.

C'est énorme.

Et surtout, le spectacle est partout.

On franchit un col en pensant avoir devant soi le plus beau panorama de la journée. Quelques kilomètres plus loin, on bascule dans une nouvelle vallée et une autre montagne apparaît, encore différente, encore plus impressionnante.

Dans les Dolomites, il suffit parfois simplement de tourner la tête.

Une succession de cols

La journée va devenir une véritable succession de cols et de routes de montagne.

Je vais notamment parcourir le Passo Rolle, le Passo Valles, le Passo San Pellegrino et le secteur du Passo Cereda, avec parfois des passages répétés sur certaines routes au gré de mes détours.

Mais finalement, les noms et les altitudes deviennent presque secondaires.

Parce qu'ici, ce qui impressionne, c'est l'ensemble.

Chaque col est une transition vers un nouveau décor.

Une route grimpe au milieu des sapins puis, brutalement, la forêt disparaît et laisse place à une immense paroi rocheuse.

Quelques kilomètres plus loin, la route redescend vers des prairies d'un vert presque irréel.

Puis arrive un village.

Et immédiatement commence une nouvelle montée.

Une région qui donne envie de rouler

Sur la route des cols
🎬 Sur la route des cols
Une journée de folie
🎬 Une journée de folie

Pour un motard, il y a quelque chose d'assez extraordinaire dans les Dolomites.

La route donne constamment envie de continuer.

Les virages s'enchaînent. La moto passe d'un angle à l'autre. On retrouve son rythme, on fait travailler les pneus et on enchaîne les courbes avec cette sensation que la route a presque été dessinée pour la moto.

On a envie de rouler.

Rouler encore.

Et parfois même rouler à perdre haleine.

Mais paradoxalement, le plus difficile ici est justement de continuer à rouler.

Parce qu'il faut sans cesse s'arrêter !

Une montagne apparaît.

Je m'arrête.

Une lumière extraordinaire tombe sur une paroi.

Je m'arrête.

Une vallée s'ouvre devant moi.

Nouvel arrêt.

Je sors l'appareil photo, je filme quelques images, je repars...

Et cinq kilomètres plus loin, tout recommence.

Rouler, photographier, filmer, regarder, repartir.

Voilà à quoi ressemblera cette journée.

Plus de 330 kilomètres de montagne

À la fin de la journée, j'aurai parcouru un peu plus de 330 kilomètres et passé environ dix heures sur la route.

330 kilomètres peuvent sembler assez peu pour une journée complète à moto.

Mais ici, ils ne veulent pas dire grand-chose.

Dans les Dolomites, on ne mesure pas vraiment une journée en kilomètres.

On pourrait presque la mesurer en cols, en épingles, en arrêts photos et en émerveillements.

Parce qu'une journée comme celle-ci ne consiste pas à aller d'un point A à un point B.

On roule simplement pour découvrir ce qu'il y aura derrière le prochain virage.

Et plus les heures passent, plus j'ai envie de continuer.

Des montagnes, mais aussi des villages

Le charme des villages de montagne
🎬 Le charme des villages de montagne

Les Dolomites ne se résument pourtant pas à leurs routes et à leurs sommets.

Il y a également tous ces villages traversés au cours de la journée.

Des maisons magnifiquement entretenues et décorées, des façades colorées, des balcons fleuris...

Et puis ces vieux chalets dont le bois raconte à lui seul les années passées dans la montagne.

Le soleil, la neige et les hivers successifs ont progressivement bruni les façades. Certains bois sont devenus tellement sombres qu'ils paraissent presque noirs.

Tout cela donne aux villages une identité très particulière.

Et j'aime prendre le temps de les traverser lentement.

Parce que c'est aussi cela que je recherche dans ce voyage : pas seulement collectionner les cols, mais essayer de découvrir l'âme des régions que je traverse.

Colfosco : il va falloir penser à dormir

Camping Colfosco — fin de journée difficile
🎬 Camping Colfosco — fin de journée difficile

Mais les kilomètres s'accumulent et la journée commence sérieusement à avancer.

Après toutes ces heures sur la moto, il devient raisonnable de commencer à chercher un endroit où passer la nuit.

J'arrive finalement à Colfosco, en Alta Badia.

Je trouve un camping.

Seulement voilà : le camping est plein.

On me propose malgré tout une solution.

Pour environ 35 €, je peux planter ma tente sur ce qu'il reste de disponible.

Je vais voir.

Et là...

Difficile d'appeler cela un véritable emplacement.

Un petit morceau de terrain, essentiellement du gravier, récupéré parce que tout le reste du camping est déjà occupé.

Après une journée entière à rouler, j'aurais probablement pu accepter, monter la tente et m'écrouler.

Mais non.

Je regarde cet emplacement.

Puis je regarde ma moto.

35 € pour planter ma tente là-dessus ?

La décision est prise.

Je remets le casque.

Allez... encore quelques kilomètres !

Le problème, c'est que cela fait déjà des heures que je roule.

Les jambes commencent à le sentir.

La fatigue est là.

Mais l'envie de continuer est toujours présente.

Alors je repars.

Direction Chiusa, ou Klausen en allemand, dans le Tyrol du Sud.

Encore des kilomètres.

Encore des virages.

Encore des montagnes.

La lumière commence progressivement à changer et cette immense journée dans les Dolomites touche enfin à sa fin.

Lorsque j'arrive finalement à Chiusa, je suis fatigué. Très fatigué même. Mais quelle journée !

Les Dolomites : le choc

Je crois que c'est ce mot qui résume le mieux ma découverte des Dolomites : un choc.

Bien sûr, il y a les cols. Bien sûr, il y a ces routes extraordinaires qui donnent envie de rouler pendant des heures.

Mais réduire les Dolomites à un formidable terrain de jeu pour motards serait passer à côté de l'essentiel.

Ce qui rend cette région exceptionnelle, c'est cette combinaison permanente entre la route, les villages, les vallées, la lumière et ces gigantesques cathédrales de pierre qui dominent le paysage.

Partout où l'on regarde, il se passe quelque chose.

Et après plus de 330 kilomètres et près de dix heures passées sur la moto, malgré la fatigue, malgré cette dernière recherche de camping et malgré tous les kilomètres déjà parcourus depuis le début du voyage, une seule pensée me traverse l'esprit :

Demain, on recommence.

← Retour au journal de bord du road trip